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jeudi 16 novembre 2017

Pourquoi manger dehors est un cauchemar quand on est végétarien

Les options pour manger végétarien sur le pouce autour de mon travail sont minables. Vraiment. Quand t'as réussi à supporter les réflexions de merde du serveur, ils font encore que tu réussisses à avaler les frites d'usine ultra-salées et un sandwich fadasse ascendant dégueu.

Je persiste quand-même et je me rends au Delicious, un restaurant rapide qui vient d'ouvrir non loin du bureau.




  • Moi - Vous avez des options végétariennes ?
  • Le serveur - [regard vide + désarroi, fini par me montrer les bacs de salade, tomates, olives, maïs, fromage et autres garnitures et me dit que je peux avoir un sandwich avec tout ça.] 
  • Moi - OK [wahou génial, j'adore manger des légumes en boite]
  • Le serveur - mais vous mangez jamais de viande ? [l'air vraiment inquiet et incrédule] moi je pourrais pas. Vous n'avez pas de manques ? 
  • Moi - Vous savez, les gorilles aussi sont végétariens... 
  • Le serveur - Ah ouais, ils mangent que des légumes... 
  • Moi - des feuilles en fait.
  • Le serveur - ah ouais c'est comme les chats, ils se purgent en fait. 
  • Moi - [dans ma tête :  euh, non c'est leur mode d'alimentation principal... ]
  • Le serveur - la copine d'un pote est végétarienne aussi 
  • Moi - Y'en a de plus en plus... 
  • Le serveur - Ouais c'est comme les homosexuels ça, avant on en voyait pas et maintenant que c'est légalisé, c'est la mode...
  • Moi [non désolé là j'ai vraiment pas su quoi répondre]
  • Le serveur - ah mais ouais parce qu'il y a les végétaliens aussi, c'est encore pire eux...
  • Moi - euh oui, ils ne mangent pas de fromage. Mais il y a aussi les vegan ou les crudivégétariens, eux ils mangent que des légumes crus...
  • Le serveur - ah ouais y'en à qui aime bien se prendre la tête quoi...
  • Moi [ben en fait la prise de tête c'est quand personne ne prend en compte leurs besoins... dans les restaurants par exemple]
  • Le serveur - C'est à emporter ?
  • Moi [ça veut dire que tu vas emballer tout ça dans une boite en polystyrène pas recyclable ?] - Oui
  • Le serveur - C'est un menu ? Vous voulez quelle boisson ? [il a un large choix de soda et boissons sucrées et de l'eau minérale premier prix en bouteille]
  • Moi - Ben, de l'eau [au moins c'est un choix nutritivement viable]
  • Le serveur - 6€50
  • Moi - [ah ouais donc le même prix que si j'avais pris de la viande] Voilà.

En ce moment je bosse sur un cours sur le développement durable. Un cours qui donne des conseils aux professionnels de l'hôtellerie-restauration sur le développement durable (bien sûr beaucoup ne le réalisent pas mais manger végétarien, ça rentre dans le développement durable). Je vais donc me fendre de quelques conseils génériques si tu as un kebab et que tu souhaites prendre en compte cette population qui croit au même rythme que les tarlouzes depuis que c'est légalisé.

  • propose une vrai option végétarienne : je te parle même pas de steak de soja, la plupart des végés ne se sentent pas en besoin de devoir compenser un hypothétique manque. Juste un truc bon et sain genre houmous ou falafel. A la limite, même si tu mets les frites dans le sandwich je t'en voudrais pas.
  • si tu proposes pas une option végé et que ton sandwich c'est jute le même sans la viande, tu fais une ristourne sur le prix du menu, ou tu offres un petit extra.
  • propose des emballages en carton, même McDo le fait, arrête les barquettes en polystyrène ou plastique
  • arrête de sucer la bite à coca-cola et propose des boissons qui ne sont pas forcément sucrées (un thé pas un ice-12-morceaux-de-sucre-tea, juste du tea (genre carrément moins cher pour toi en plus) ou alors les versions locales des sodas (meuh cola, breizh cola, etc...)




  • l'eau, elle coule gratuit au robinet (ou dans les toilettes d'ailleurs, c'est la même) (Dieu merci pour le moment, c'est pas du gatorade) alors quand tu m'obliges à prendre une bouteille de Cristaline qui va finir par mettre 500 ans à se dégrader dans le 7ème continent le plus proche, oui ça me fait chier.


Je sais je devrais pas me plaindre, je l'ai bien cherché. Les végés, ils ont qu'à se faire à manger à la maison et rester cachés chez eux pour manger... ah ben tiens, un peu comme les PD quoi.

mardi 19 février 2013

72 heures de jeûne : ça c'est fait !

Voilà, je termine enfin mes premières 72 heures de jeûne de ma vie (je crois).

Je ne pensais pas y arriver. J'avais même abandonné l'idée depuis cet article pourtant très encourageant.

Pendant 3 jours je n'aurais bu que 15 théières, 2 jus de fruits maison et 4 bols de bouillon.

Tout a commencé vendredi quand j'ai senti poindre les premiers symptomes d'un rhume soit disant super virulent que j'avais contracté le mercredi. Je me suis dit qu'il fallait que je prenne le taureau par les cornes et change mon alimentation.

Résultat, j'ai pris une bonne cuite et ça n'a pas marché. Mais alors pas du tout. A 5h du mat, après 3 litres de bière et 4 shooters j'étais encore plus patraque. Je l'ai payé le samedi : j'ai passé la journée à creuver dans mon lit avec un foi en berne.

Du coup, Dimanche, pas une goutte d'alcool, pas une clope, que de l'eau et du miel pour ma gorge. Plus de 6h de ménage dans la maison quand-même. C'est pas rien. Un peu de yoga le soir pour me récompenser.

Yoga et Santé in Santé / fabuleux (fabuleuxfab)
Ce pearltrees est le résultat de mes recherches sur le yoga pour traiter le rhume.

Lundi, toujours épuisé, toujours malade, je passe au bouillon de légumes : un cube de bouillon bio, du curcuma et du poivre (excellents stimulants de l'immunité une fois combinés parait-il). Pour autant, pas de raison de se laisser abattre : je fais mes petites recherches et découvre le Neti, une pratique yogique d'irrigation nasale qui fait un bien fou.

Le Rhino Horn, un produit danois est livré dans une jolie boite avec une jolie photo danoise. 
Du coup j'ai acheté une corne de rhino chez mon pharmacien. Bref, je suis tellement actif que je rêve même que je suis épuisé au point de ne plus pouvoir marcher seul jusque chez moi.

Une vidéo tout à fait édifiante (et drôle!) sur comment faire neti.

Mardi, outre les courbatures dues à mon rêve, même programme avec un bon jus aux fruits rouges de bon matin, une matinée passée en vélo aux quatre coins de la ville et une après-midi passée à la chasse aux alliances au fin fond de l'Orne (pas en vélo ce coups-ci :)

Ce soir je suis épuisé et reçu. J'ai la certitude de n'avoir plus que de l'eau dans les boyaux et je me sens calme, dispo, serein, propre de l'intérieur.

La tentation de céder était là partout : dans les affiches de pub, dans les restaurant de bords de route, dans les petits plats de ma femme qu'elle mijote sous mon nez, dans tous les produits que j'adore que nous avons achetés au magasin le lundi aprem (super fromages, mon pain préféré), dans l'ouverture de chaque placard où je voyais ce petit bocal de noix du Brésil me faire du gringue... mais j'ai tenu.

Vous cherchez des conseils pour réussir votre jeûne, pour vous y mettre ? Je n'en ai aucun. Si ce n'est de vous filer un coup de pied au cul. Et un bon. La volonté est un muscle. Un muscle ça se travaille. Si vous renoncez à la moindre contrariété vous êtes un lâche et c'est bien votre problème.

Je sais que l'idée de jeûner quand on est malade semble absurde à beaucoup. On pense au contraire qu'il faut "prendre des forces" mais à mon sens il n'y a rien de plus faux. Solliciter son organisme pour de la digestion, l'empêche en fait de se focaliser sur le problème à traiter : lutter contre les envahisseurs. Et ne vous inquiétez pas, la plupart d'entre nous ont toutes les réserves qu'il faut pour traiter le problème en interne, sans rhinadvil, antibiotiques et autres cadeaux de l'industrie pharmaceutique.

jeudi 11 février 2010

Daybreakers, un film de vampire de plus... ou pas.

*Contient des informations révélant des détails de l'intrigue. Si vous pensez que cela peut vous gâcher le film, vous savez ce qu'il vous reste à faire...*

Je suis tout sauf un fan d'histoires de vampires.

Mais celle-ci est différente : elle ne parle pas de l'introduction d'un vampire dans un milieu d'humains, mais du contraire. Et ça change tout !
Pitch : "Le monde est dominé par des vampires et les humains ne sont plus qu'une poignée de survivants traqués. Ethan Hawke, vampire modéré et docteur en hématologie cherche un palliatif. Il va trouver une solution." (Voir la fiche IMDB - 6,8/10)
Au contraire de Twilight, Jennifer's Body et autres chefs-d'oeuvres du genre, la fascination de l'étrange ne porte plus sur le vampire, mais sur l'humain. On célèbre la joie d'être mortel et de pouvoir marcher au soleil. 



Un parallèle troublant. 
Les vampires ont la technologie : ils ont besoin de lumière pour vivre la nuit, de voiture anti-uv pour se déplacer le jour et des dons de sang des humains pour s'alimenter. Bref, de beaucoup de ressources. Hors, leurs ressources s'épuisent. Beaucoup de vampires sont sous-alimentés en sang car trop pauvres. Ils deviennent monstrueux et agressifs. Pendant ce temps, les vampires-riches dégustent des saignées millésimés dans des verres à Cognac.

La/Le bête-ail 
Les humains ont enfin un prédateur,


Non, pas celui-là ! Un prédateur sauvage, passe encore. Mais un prédateur organisé qui pratique l'élevage. Ca fait tout drôle de penser qu'on pourrait aussi être du bétail. J'imagine que certains ne voient même pas où je veux en venir. Ils sont "carnassiers" et fiers de l'être, le végétarisme c'est bon pour les hippies ! Un choix qui n'engage qu'eux pensent-il probablement...

Un geste concret pour l'environnement 
A un moment du film, je me suis demandé : arrivé à ce point, est-ce que je pourrais me suicider pour laisser les ressources aux autres ? Le suicide citoyen et écologique. "Vampires, faites un geste concret pour l'environnement : mourrez !"

In nomine Patri 
Le film se termine sur Ethan Hawke qui dit en voix off : "We have a cure. We can change you back. It's not too late." [Nous avons un traitement. Nous pouvons vous faire redevenir humain. Il n'est pas trop tard."

J'imagine le scénariste aux prises avec sa rebelle d'adolescente de fille en plein trip Twilight. Comment faire comprendre à cette enfant que l'on peut choisir autre chose que la mort éternelle, la violence, la souffrance et l'hémoglobine ? Comment la toucher ? Lui dire sans la brusquer, qu'il y a peut-être autre chose : que le soleil c'est cool et c'est bon pour la peau, que les vampires au final ça existe pas, qu'en tout cas, elle n'en est pas une et qu'elle doit faire avec ce qu'elle est plutôt que de se détruire en vivant comme ce qu'elle n'est pas. Quel meilleur moyen de faire passer le message que de l'inclure dans un film qui reprend tous les codes du genre...?

Ethan Hawke a trouvé un traitement, les frères Spierig ont trouvé un moyen de nous débarrasser de la twilight-mania. Je me demande comment ces cercles l'ont accueilli.

Compensons sans trop y penser. 

J'aime aussi le fait que le héros trouve la solution à son problème alors qu'il était en train de chercher un paliatif. Le concept même de paliatif me semble extra-humain, résolument un geste faible : l'aspartame pour le sucre, la nourriture bio pour la nourriture saine, les poupées gonflables pour le sexe, les patch nicotine pour la cigarette, l'alcool pour la vie, etc.

Bref, cette solution, fruit d'une rencontre, est aussi une solution exigente : ce n'est pas un vaccin que l'on inocule, mais un traitement qui consiste à se frotter à la mort de si près que le corps se transforme. Le soleil en est une clef. L'effort sur soi en est une autre.