mercredi 7 mars 2012

Hypersexualisation des enfants - polémiquera, polémiquera pas ?

Ceux qui sivent de près la carrière de SebastiAn (Killing In The Name Of SebastiAn, Dolami) ou celle de du réalisateur argentin Gaspar Noé (Irréversible, Enter The Void) ont eu la chance de voir son nouveau clip.

Présenté par les Inrocks comme un clip "borderline" et "un peu perturbant" puisque supprimé par YouTube du compte du label Ed Banger (le label de SebastiAn), le clip fait donc parler de lui, mais pourquoi ?


  1. Parce qu'il met en scène une adolescente court vêtue et dansant lascivement pour la caméra d'un camarade de classe ? 
  2. Parce que Gaspar Noé, le réalisateur, a à son actif quelques unes des scènes le plus choquantes du cinéma (dont l'insoutenable viol de Monica Belucci dans Irréversible - un film trop souvent injustement réduit à cette scène) ? 
  3. Parce qu'on ne sait plus quoi faire des ces nymphettes ?
  4. Parce que personne (sauf Libé) n'a compris les conditions d'utilisation de YouTube ?
Il y a un éléphant loup et un malaise dans la salle.

Super Roselyne à la rescousse
Cause-conséquence-coincidence (?) les infos de ce lundi nous apprennent que la Ministre Roselyne Bachelot (Min. de Solidarités, SIC) vient de recevoir un rapport du Sénat sur "l'hypersexualisation des mineurs".

"L'hypersexualisation des mineurs" c'est quoi ?
C'est tout d'abord un terme extrêmement mal choisi comme le souligne cet intervenant du journal de France Culture, Directeur au CNRS, qui préfère les termes de "hyperféminisation" (quid de "l'hypermasculinisation" ça ne semble inquiéter personne...).



Très concrètement, le terme fait référence aux concours de mini-miss, au strings pour gamine de 8 ans, à tout ce qui va relever de l'utilisation d'éléments relevant ou touchant à la sexualité ou à la séduction par des mineures des enfants... On le voit le sujet est extrêmement glissant.

Mais que fait la police ?
Du coup, vas-y qu'on parle des écueils ("un phénomène présent surtout aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne"*) et des mesures à mettre en place :

  • interdire les concours de mini-miss, 
  • responsabiliser les acteurs du marketing et de la publicité en créant des sites où les parents pourraient dénoncer des  campagnes abusives (qu'est-ce qu'ils ont au gouvernement avec la dénonciation ?)
  • interdire les salons de beauté pour petites filles.
On parle aussi des coupables-responsables (les médias, la publicité, la société) et des victimes (les petites filles) sans jamais parler des parents.

Ben oui les parents
Ya plus de parents aujourd'hui. Parfois des "papas et des mamans" (le choix du terme en dit long), mais ils sont où les parents ? Quel que soit le sujet, jamais on ne mentionne les parents, comme s'ils ne pouvaient être tenu responsable de rien, que leur rôle aujourd'hui se bornait à offrir le gîte à leurs enfants, que les enfants étaient devenus des régimes Syriens dans lesquels on n'a pas de droit d'ingérence.

Sans oublier l'aspect économique
Et France Culture de nous rappeler que "le marché des pré-adolescentes est estimé à 26 milliards d'euros". Euh, question : c'est qui qui paye ? L'argent de poche il vient d'où ?

"When I grow up I wanna be Britney Spears"
Il faut d'ailleurs voir ces émissions (allumez votre TNT) de mères américaines accompagnant leurs filles à des concours de beauté ou de talents et ce par quoi ces jeunes filles doivent passer pour devenir la prochaine Britney Spears. Mais pourquoi les parents imposent-ils ça à leurs enfants ? Est-ce déjà le cas en France ?

Mini-miss for a day, fool for a lifetime
Lente Tresor, l'actrice du clip de SebastiAn en est d'ailleurs un archétype. Il suffit de voir sa page officielle (une page facebook) pour s'en rendre compte : voici une adolescente au demeurant simple qui publie des photos d'elle avec Shrek, s'enthousiasme pour les activités auxquelles sa mère l'inscrit, s'engage contre les violences verbales à l'école et publie d'ailleurs les extraits des messages d'insultes reçus de ses camarades.

Du clip elle ne dit pas grand chose : le lien wikipedia de Gaspard Noé, une photo de lui et sa mère, difficile de dire si elle a pris conscience de la dimension "polémique" du clip. Bref, just another Lolita.

Moi j'apelle Lolita
Car le phénomène n'est pas nouveau. Si la pédophilie semble passée de mode (ah la bonne vieille époque de l'affaire Dutroux où chaque jour amené son lot d'histoires sordides aux heures de grande écoute), son spectre plane bizarrement sur cette polémique sans que le mot ne soit jamais prononcé.

Entre adolescents consentants
Le clip ne montre pourtant que 2 adolescents jouant entre eux. La séduction n'est pas interdite. La sexualité des adolescents non plus. Et comment reprocher aux adolescents de reproduire les modèles à leur disposition. Pour ou contre le fait que votre fille de 13 ans regarde les clips de Shakira ? Mais avez-vous vraiment la choix ?



L'intervenant du journal de France Culture le souligne, on est face à "des adolescentes ou des petites files qui ne sont pas dans la dimension sexuelle" ou "dans la recherche de rapports sexuels" mais dans une recherche de séduction, qui veulent plaire, être aimées, admirées". Tout comme a beauté, la perversité est dans l'œil de celui qui regarde.

The Chengdu Experience
Il faut voir les français et françaises fraîchement arrivés en Chine se retourner sur des filles qui vont faire leurs courses au Carrefour vêtues de jupes très courtes, des mini-shorts ou des bas résilles... Ces filles n'ont pas encore de vie sexuelles, elles ne font qu'imiter des modèles...

Pour les hommes c'est bien souvent un drapeau rouge et on est plus très loin des termes "allumeuses" ou "salopes" alors qu'on est juste sur des codes vestimentaires et culturels différents. Je vous laisse imaginer comment se sentent des gens pour qui la tenue approprié pour une femme est la burka...

Moi, je me demande simplement si je pourrais un jour prendre un bain avec ma fille.

Let the music play
Une chose est sûre et SuchABlog le souligne bien, au delà de la polémique, du clip, il y a un très beau morceaux de SebastiAn -Love in Motion- qui se renouvelle à travers sa collaboration avec Mayer Hawothorne (jeune étoile du vénéré label StonesThrow) avec ce son chaud au sonorités techno-Princesque qui risque de tourner en boucle sur ma stéréo, que ce love soit "on the beat" ou "in motion".





Et vous ?
Que pensez-vous de cette polémique ? Des termes utilisés et des responsabilités évoquées ? Des nymphettes ? Des mesures proposées ? Du clip ?
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*http://www.rfi.fr/france/20120304-rapport-fait-le-point-hypersexualisation-mineurs-france

lundi 5 mars 2012

fabuleuxfab's photostream

45 jours 13 heures 42 minutes 53 secondesSous-marin sur fond d'architecture communisteBleu et jauneSortie de secoursP1020184The Birds
RobotechGimme some LuvianDemi ancreEpaveBleu, blanc, rougeRampe des fours à chaux
Moulins Phare<3PoleThe jetty / La jetéeSea CabinTorn Appart - Déchiré
Bedroom 5Bedroom 4Bedroom 3Bedroom 2BedroomChengdu, Real China, Hometown of Pandas
Just uploaded some pictures from my weekend in Lorient on my FLICKR.

Je viens d'ajouter quelques photos de mon weekend à Lorient sur mon FLICKR

vendredi 2 mars 2012

J'ai testé pour vous "Le Palais du printemps"


Je l'avais soigneusement évité depuis mon retour de Chine, mais il fallait bien que ça arrive, ce midi j'ai mangé dans un restaurant chinois... euh asiatique.

La cuisine asiatique, un concept européen.
Le concept même me fait sourire. Un restaurant asiatique. J'essaye de penser à un restaurant européen en Chine. Mais non, à Chengdu, les restaurants européens, étaient français, italiens ou turques mais certainement pas européens.

Pour donner une idée de l'échelle, la cuisine Chinoise (sur Wikipedia) à elle seule est si riche qu'elle se décompose déjà en - au moins - 5 régions principales. Et croyez-moi, on ne mange pas la même chose au nord de Beijing, sur le plateau du Tibet ou à Guangzhou (Canton). Tout comme on ne mange pas la même chose au Portugal et en Lettonie. Pas les mêmes produits, pas les mêmes modes de préparation.

A cela on doit également ajouter les restaurants Coréens, Thailandais et Japonais. Là encore, rien à voir entre eux.

La salle ?
Le restaurant d'aujourd'hui c'est donc un vaste entrepot habillé de rideaux rouges, de boudhas dorés, de plantes en plastique et de serveuses d'origines aussi diverses que les plats qu'on y propose mais néanmoins vêtues de tuniques de soie (ou presque) rouges ou bleus à motifs floraux.



La carte ? Pas de carte. 
Un buffet à volonté pour 10€80 pour tout le monde.
Au menu : des nems en tous genres, des plats en sauce (aigre-douce, caramel, etc.), du riz thai ou cantonais (même pas de riz blanc), des nouilles sautés (le seul plat correct), des maki,

Les clients ?
La table de 10 ça ça doit être le service compta au grand complet, le couple de beaux noirs ça doit être un rdv galant, ça c'est une table de repas de classe, ça c'est l'équipe du garage Renault d'à côté, en face c'est la famille Duval, à côté c'est Sylvie et Christine des RH, ah tiens, Gilbert mange encore tout seul aujourd'hui... on doit bien être 200.

Sur les tables c'est assiettes plates, couteaux et fourchettes pour tous.

- Moi : Euh, où sont les bols ?
- Elle : (en substance) Pas de bols.
- Moi : Ah bon*.  Mais vous avez des baguettes quand-même ?
- Elle : Ah oui bougez pas je vais vous en chercher.

(*Vous avez déjà essayé de manger du riz avec des baguettes dans une assiette ? Vous vous êtes jamais dit que c'était pas facile ?)

On était 2 à manger avec des baguettes.

Je me demande si c'est pire avec ou sans le son : "avec" je serrais probablement attérré par la teneur des conversations, sans, je peux m'imaginer le pire.

Dans les assiettes
C'est fou ce que les gens aiment les nems et les beignets. Yavait même des nuggets de poulet.

Pourtant, les légumes dans la cuisine asiatique sont délicieux, bien cuits mais encore croquants et pourtant non, vas-y que je te bouffe une assiette de 10 nems, un peu de canard aigre-doux pour finir mon porc au caramel, et puis tiens je vais finir par des nougats en dessert. Je parie que si je fais courir sur un tapis ce soir, je vais voir les même gens se lamenter de ne pas arriver à perdre les kilos qu'ils ont pris : "moi qui croyait que la cuisine asiatique était bonne pour le régime, je comprends pas..." Ouais d'accord ouais.

Oui, je sais, je cherche la bâton pour me faire battre
J'ai prié pour que la serveuse ne me demande pas si ça avait été. J'aurais été obligé de lui répondre : "Pourquoi ? VOus aviez l'impression que vous proposiez des plats de qualité ? Le gingembre confit vous le recevez en sachet sous-vide et je ne sais pas comment vous avez fait pour qu'il est ce petit gout de produit vaisselle, vos crevettes sont surgelées, les crudités sont insipides et gorgées de l'eau dans lesquelles les germes de soja ont baignées... j'arrête ou je continue.

Pourquoi tu te plains ?
Alors évidemment je m'y attendais mais quand-même ça fait mal. Pour ces gens qui viennent manger dans ces grands endroits anonymes et faussement tintés d'une culture exotique, pour les serveuses qui servent ce gloubiboulga asiatique qui ne correspond à rien. Et pour l'intercompréhension des peuples. Depuis que je suis rentré, je ne peux m'empêcher de penser à combien nous ignorons tout de l'Asie. On ignore déjà tout de la Bulgarie alors...

Je ne peux pas non plus m'empêcher de penser à mes étudiants chinois qui, arrivés en France, doivent avoir tant de mal à lier des amitiés, à comprendre les gens, et même à retrouver des éléments de leur culture - essentiel quand on s'expatrie.

Mal aussi pour moi qui ne retrouverai jamais les grands moments de la cuisine Sichuanaise (川菜) à Caen. Fail.

Mal enfin d'écrire cet article moqueur sur des gens qui ne le méritent sûrement pas. Le ton que j'emploie ici est le ton insupportable de condescendance qu'adoptent les hommes politiques quand ils parlent entre eux des ces imbéciles qu'ils doivent gouverner, celui du mépris de classe évoquer dans les commentaires d'un article de @Karim Miské sur son blog« Lipdub » du PS : et si c’était ça la politique ? Oui je sais, ça a l'air de tomber comme un cheveu sur la soupe, mais je l'ai lu ce matin et ça échote (de "écho") dans ma journée.