jeudi 29 janvier 2009

Pourquoi est-ce que je suis un emmerdeur ?

Oui, je sais encore un article sur moi. Mais je pense que peu de gens autour de moi comprennent mon mode de fonctionnement en matière d'alimentation et que parfois c'est lourd de voir des haussement de sourcils méprisant : "putain quel emmerdeur celui-là avec ses principes à la @#€$ !".

Hier, je me demandais comment je pouvais diminuer mon impact pour l'environement, alors j'ai demandé à Nicolas Hulot.

Les 12 gestes du défi pour la terre de Nicolas Hulot, m'ont aidé à me rendre compte qu'en fait, je les fait déjà.

Je fais peu ou pas mes courses en hypermarché. Pourquoi ?
  • Parce qu'ils sont à l'extérieur des villes, qu'on y va en voiture.
  • Parce que quand on y va en voiture, on pollue et on a pas de limite : on peut mettre dans son coffre beaucoup plus qu'on ne peut consommer.
  • Pour la meme raison je ne prends pas de caddy, je me contente d'un panier.

J'achète mes fruits et légumes au marché :
  • pour faire vivre les producteurs locaux,
  • parce que leurs produits sont frais et qu'ils n'ont pas passé trop de temps en frigo (les vitamines des aliments sont sensibles à la température)
  • parce qu'il a fallu un minimum d'énergie pour transporter leurs produits du lieux de production à moi.
  • parce qu'on peut leur parler, qu'ils sont toujours de bons conseils, pour une recette, ou juste pour le plaisir de rencontrer des gens qui sont à la fois proche de leur terroir et d'un autre milieu social

Je mets tous mes fruits dans un seul sac plastique :
  • et ça fait chier les caissières.
  • Ca fait toujours ça de déchets en moins à traiter.

J'achète peu ou pas de produits transformés (surgelés, conserve, plats préparés, etc) :
  • parce que ces produits sont fait avec des matières premières que je ne peux pas controler, dans des conditions que je ne peux pas controler. Je ne suis pas maniaque du contrôle : je ne le ferais pas pour mes tennis, mon ordinateur ou mon dentifrice. J'estime que se nourrir est une chose sérieuse.

Je n'achète pas ou peu de produits exotiques :
  • parce qu'il faut beaucoup d'energie pour amener une mangue d'Australie ou un ananas du ghana. Je préfère m'en passer ou me rendre sur place.

Je n'achète pas chez Leader Price :
  • parce que je n'ai pas envie d'envoyer le message : "je suis prêt à manger n'importe quoi du moment que c'est peu cher". Se nourrir à un prix. Ce prix est incompréssible. Je préfère me priver ailleurs.
  • je n'ai pas envie d'engraisser une industrie. La nourriture ne peut pas être industrielle. C'est impossible.

Je ne mange pas au restaurant :
  • Je vois déjà le taulé des commerçants dans la salle.
  • Parce que j'ai déjà travaillé en cuisine
  • Parce que les produits premiers (huile, farine, fruits et légumes, etc.) sont bien souvent des produits au rabais, des produits que je ne mangerai pas chez moi. Alors pourquoi payer qqun pour les cuisiner pour moi ?
  • Parce que quand on fait à manger des trucs qu'on ne mange pas, on les fait forcément moins bien.

Je ne mange pas bio :
  • Ben non ! C'est absurde ! Jamais les standards du bio ne pourraient nourrir la planète. Je préfère me trouver un producteur dont je sais qu'il travaille bien et respecte quelques principes de base.

Je ne mange pas de chair animale.
  • J'adore ce moment ou je rentre dans une boutique pour demander : "Et qu'est-ce que vous avez comme sandwich végétarien ?" - "Et bien j'ai un sandwich au thon si vous voulez !"
  • Je ne suis pas végétarien. Je mange des kilos de fromage, j'adore ça, je mange du beurre, mais je ne mange pas de chair animale.
  • Pas parce que "oh mon Dieu les pauvres animaux" (sinon il faudrait aussi que je jette mon blouson en cuir et mes adidas) mais parce que la plupart du temps je n'ai aucune idée de ce que je mange. Quand on mange un steack, on mange le boeuf + tout ce qu'il a mangé + tout ce qu'il a vécu. Je m'explique :
  • On est tous d'accord pour dire que notre vie est stressante. On est contrariés et on produit des hormones de peur, de frustration etc. Ces hormones sont dans notre sang. Si un animal est stressé, il génère aussi ces hormones. Elles sont dans son sang. Elles sont dans mon steack. Elles passent dans mon sang. Pourquoi je voudrais rajouter à mon stress, celui d'un animal ? Qui plus est quand j'ai vu les conditions de vie dans un reportage scandaleux d'M6 et qu'à ce moment là je me suis dit : c'est dégueulasse !
  • Parce qu'il faut beaucoup d'energie pour élever, tuer, couper, conditionner et transporter un animal. A la limite je préfère manger du gibier.

Je mange peu :
  • Ben oui. Ya un moment ou il faut arreter de se gaver. Meme pas par solidarité avec les gens qui ont vraiment faim mais parce que c'est un moyen de dire non à la pub, à l'opulence, à la culture du toujours plus.

Alors bien sur quand je suis invité à manger je m'asseois sur certains de ces principes et avec le plus grand des plasirs souvent. Je ne suis pas dogmatique. Je mange aussi le foie gras de mamie.

Je donne pas de leçons, j'explique. Je pourrais continuer des heures mais certains principes sont juste trop complexes et hors de portée de la plupart des gens (ne pas manger de sucre lents et rapides en meme temps, ne pas mélanger les huiles, etc.).

Et puis c'est facile pour moi tout ça : je n'ai pas de famille à nourrir, j'ai de l'argent, du temps etc.
Mais je pense que quand bien-même je n'aurais pas d'argent, je préferrerais manger des patates simples. Si je n'avais pas le temps, je préferrerais ne pas manger que mal manger.

Simplement parce que se nourrir est une affaire sérieuse.

mercredi 21 janvier 2009

Picasso et les maitres au Grand Palais

Entrer dans la salle du Grand Palais qui acceuille l'exposition Picasso et les Grands Maitres est une joie immense. Celle de sentir le privilège et l'excitation de pouvoir voir tous ces chef-d'oeuvres exceptionnellement réunis dans notre belle capitale bien sûr, mais surtout celle d'avoir survécu a une attente de près de 3h dans le froid d'une après-midi de janvier.

A l'intérieur, bien sûr, on se marche un peu sur les pieds, les places sur les bancs sont rares, mais tout cela ne saurait entamer l'intense expérience que représente le parcours créé pour cette exposition : outre la chance de trouver des oeuvres de Greco, de Monet, Manet, Le Nain, Van Gogh, Degas, Cézanne, et tant d'autres, le parcours brille par son intelligente organisation et ses explications toujours pertinentes, passionantes, inspirantes, jamais trop techniques et offrant toujours les clés de lecture de la sélection de tableaux.



Plus de 5 salles pour le site du Grand Palais, pour un parcours trop long pour accorder le temps qu'il faut à chaque pièce - pour la première fois j'ai entrevu qu'un tableau pouvait être comme un livre, qu'il y avait plusieurs niveaux et plusieurs itinéraires de lecture, qu'il fallait du temps pour se l'approprier.



La juxtaposition de travaux des classiques avec des oeuvres modernes, cubistes met les oeuvres en valeur et permet de comprendre le travail du peintre - chose que les néophytes comme moi ont souvent du mal à apprécier.



La pièce intitulée "Variations" montre en effet le travail de réinterprétation des tableaux de Velasquez "Las Meninas" par Picasso : différents essais, vers une simplification, une épuration du trait, des formes et des couleurs.



Bien que la majeur partie des oeuvres exposées appartiennent à la période cubiste, on découvre d'autres facettes du peintre : de ses premiers travaux académiques -à 14 ans il faisait déjà preuve d'une grande maturité et sublimait des sculptures avec une utilisation très affirmée du contraste-, à ses périodes bleues et roses, on voit tout le cheminement artistique et surtout, on perçoit les influences, les obsessions, les échos, les clins d'oeil, toutes les choses à côté desquelles on passe à côté si l'on a pas une solide culture picturale.

Je pourrais en parler pendant des heures mais je souhaiter simplement vous encourager à sauter sur cette occasion unique (certaines toiles proviennent de collection privées, du MOMA, de l'Ermitage, etc) d'apprécier le travail d'un des peintres les plus célèbre du XXème siècle.

Pour ma part j'avoue ne pas être fan de Picasso et peut-être encore moins de cubisme. J'ai découvert Zubaran, eu envie de m'intéresser à Ingres, Degas et tant d'autres.



Au final, ce que je retiens le plus, c'est peut-etre la qualité pédagogique de l'exposition... Donc vivement recommandée à tous et toutes !

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Evidemment, il faut que je termine sur un peu de musique. J'ai parlé dans cet article du travail de remixeur. Ce qu'a fait Justice sur ce remix de Franz Ferdinand me semble très proche de ce qu'à pu faire Picasso dans bien de ses tableaux "d'après". Justice, remixeurs cubistes ? Picasso, remixeur punk ? Au final, ce qui compte, loin de savoir si c'est beau ou pas, c'est d'être capable de comprendre la démarche de l'artiste.



L'originale : The Fallen par Franz Ferdinand

mardi 20 janvier 2009

Brighton Port Authority - Seattle

Encore un très beau clip pour renforcer l'attente du nouvel album du nouveau projet de Fatboy Slim et ses nouveaux amis. L'album est prévu pour début février.

Attendons-le de bien belle manière avec ce très beau clip en plan fixe qui enchaine quelques non moins beaux tableaux avec un effet mur de brique que je découvre ici pour la première fois :


Voici les crédits. J'ai pu trouver très peu d'infos sur Nick Ball. S'agit-il de l'acteur ?

Dir: Nick Ball
Prod: Phil Tidy
Animation: Charles Beglan
DOP: Daniel Bronks
Prod Comp: Draw Pictures

jeudi 15 janvier 2009

D'Alice in Chains à la société d'abondance

Je redécouvre un vieil album qui a bercé mon adolescence. En K7 à l'époque, j'étais fan du 4ème album d'Alice In Chains.

En cherchant quelques infos sur l'album je tombe sur ce passage de wikipédia qui explique l'origine de l'album :

According to lead singer Layne Staley, the title for the album came from a science experiment guitarist Jerry Cantrell conducted in third grade: "They gave him two jars full of flies. One of the jars they overfed, the other jar they underfed. The one they overfed flourished for a while, then all the flies died from overpopulation. The one they underfed had most of the flies survive all year. I guess there's a message in there somewhere. Evidently that experiment had a big impact on Jerry."[1]

Pour ceux qui ne parlent pas anglais :

On prend 2 vases remplis de mouches : A et B
A reçoit trop de nourriture
B reçoit peu de nourriture

Le A va très vite se dévelloper au début puis toutes les mouches vont mourrir de surpopulation
Le B survit durant toute l'année scolaire

Je vous laisse tirer vos propres parallèles et conclusions.

mercredi 14 janvier 2009

Fragment 1

Elle se plaignait et claudiquait comme si elle avait 20 ans de plus. Être malade était tout ce qu'elle savait faire. La plus mauvaise façon d'être attentive à son corps ; assez attentive pour être tout le temps malade et assez sourde pour ne jamais en tirer les bonnes conclusions.