A l'intérieur, bien sûr, on se marche un peu sur les pieds, les places sur les bancs sont rares, mais tout cela ne saurait entamer l'intense expérience que représente le parcours créé pour cette exposition : outre la chance de trouver des oeuvres de Greco, de Monet, Manet, Le Nain, Van Gogh, Degas, Cézanne, et tant d'autres, le parcours brille par son intelligente organisation et ses explications toujours pertinentes, passionantes, inspirantes, jamais trop techniques et offrant toujours les clés de lecture de la sélection de tableaux.

Plus de 5 salles pour le site du Grand Palais, pour un parcours trop long pour accorder le temps qu'il faut à chaque pièce - pour la première fois j'ai entrevu qu'un tableau pouvait être comme un livre, qu'il y avait plusieurs niveaux et plusieurs itinéraires de lecture, qu'il fallait du temps pour se l'approprier.

La juxtaposition de travaux des classiques avec des oeuvres modernes, cubistes met les oeuvres en valeur et permet de comprendre le travail du peintre - chose que les néophytes comme moi ont souvent du mal à apprécier.

La pièce intitulée "Variations" montre en effet le travail de réinterprétation des tableaux de Velasquez "Las Meninas" par Picasso : différents essais, vers une simplification, une épuration du trait, des formes et des couleurs.

Bien que la majeur partie des oeuvres exposées appartiennent à la période cubiste, on découvre d'autres facettes du peintre : de ses premiers travaux académiques -à 14 ans il faisait déjà preuve d'une grande maturité et sublimait des sculptures avec une utilisation très affirmée du contraste-, à ses périodes bleues et roses, on voit tout le cheminement artistique et surtout, on perçoit les influences, les obsessions, les échos, les clins d'oeil, toutes les choses à côté desquelles on passe à côté si l'on a pas une solide culture picturale.
Je pourrais en parler pendant des heures mais je souhaiter simplement vous encourager à sauter sur cette occasion unique (certaines toiles proviennent de collection privées, du MOMA, de l'Ermitage, etc) d'apprécier le travail d'un des peintres les plus célèbre du XXème siècle.
Pour ma part j'avoue ne pas être fan de Picasso et peut-être encore moins de cubisme. J'ai découvert Zubaran, eu envie de m'intéresser à Ingres, Degas et tant d'autres.

Au final, ce que je retiens le plus, c'est peut-etre la qualité pédagogique de l'exposition... Donc vivement recommandée à tous et toutes !
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Evidemment, il faut que je termine sur un peu de musique. J'ai parlé dans cet article du travail de remixeur. Ce qu'a fait Justice sur ce remix de Franz Ferdinand me semble très proche de ce qu'à pu faire Picasso dans bien de ses tableaux "d'après". Justice, remixeurs cubistes ? Picasso, remixeur punk ? Au final, ce qui compte, loin de savoir si c'est beau ou pas, c'est d'être capable de comprendre la démarche de l'artiste.
L'originale : The Fallen par Franz Ferdinand
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