Muddy Waters (1996) de Redman a été un de mes premiers albums de Hip-Hop, à une époque où quand on achetait un disque on l'écoutait cent soixante quatorze douze fois en moyenne.
Ce n'est que plus tard, gâce à Kenny Dope et son Hip Hop Forever (1998) que j'ai découvert le grand classique et antérieur Tonight's Da Night (sur l'album Whut ? Thee Albumen1992) :
A Few More Kisses To Go d'Isaac Hayes, une belle chanson pour faire fondre n'importe quelle femme (ou presque),
All Night Long des Mary Jane Girls, une bonne chanson pour mettre une feel good retro vibe dans une soirée.
The Payback de James Brown et
Two Places at the Same Time de Raydio.
Ma seule explication c'est qu'il s'agit de micro-samples. Qui dit mieux ?
Encore un petit mot sur Isaac Hayes, le regretté chef de South Park, qui avant de faire des Chocolate Salty Balls a inspiré maints et maints artistes et amoureux ; il rentre parfaitement dans la catégorie des artistes dont les originaux sont largement aussi enthousiasmants que les versions samplées, cf. mon post sur Labi Siffre
Ya tout dans ce titre, j'adore : peur, sexe (enfin femme quoi :)), célébrité et musique. S'il ne devait rester qu'un truc de ce blog ce serait les titres...
Mon sample du jour m'a conduit bien loin, dans les sphères inquiétantes de la démonologie. [Press rewind].
Après un premier album (Enter The Wu Tang (36 Chamber) (1993) acceuilli comme Paris Hilton dans une carrière de mineurs, une première tournée d'album solo devenus les grands incontournables du Hip-Hop, le deuxième album du groupe (Wu Tang Forever (1997) avait reçu le retour de bâton : perdre les Grammy contre Puff Daddy O_O j'hésite à bouer là.
Ol Dirty non plus ne l'a pas super bien pris : il monte sur scène pour interrompre le show et déclarer qu'il a acheté un beau costume pour la cérémonie, que Wu-Tang c'est bien pour les enfants et que Puff Daddy n'aurait pas du gagner :
En 2001, ça va mieux, et The W reçoit un bien meilleur accueil. Gravel Pit reste un des meilleurs single de l'album.
Au niveau des samples, c'est du côté de la France qu'il faut chercher pour trouver le Belphegor d'Antoine Duhamel. Le thème du film/série devient une bombe sous les mains expertes de RZA.
Outre le film de 2001 en France, Belphegor est une vieille série française des années 60, tirée d'un film des années 30, tiré d'un livre d'Arthur Bernède. Tiré ? Pas exactement, le père de Belphegor et Vidocq avait créé la Société des Cinéromans avec René Navarre (M. Fantômas à l'écran -1ère version, pas Louis de Funès) et Gaston Leroux (Rouletabille, Le mystère de la chambre jaune) avec pour but de combiner la production de films et de livres.
Maintenant, si vous voulez bien sortir du monde du spectacle pour quelques instants, Belphegor est aussi un démon célèbre (si si, ya des gens qui étudient et célèbrent les démons, ça s'appelle la Démonologie) connu pour suggérer aux gens d'inventer des objets qui les rendront riches (le coquin !) et ainsi les convertir au côté obscur de la force (comment ça je mélange tout?).
Envoyé sur terre par Lucifer pour vérifier la rumeur selon laquelle il existerait des mariages heureux, il revient bien vite en enfer pour confirmer que tout cela n'était qu'ineptie (SIC!) et que comme on le pensait dans ces milieux, les êtres humains n'étaient pas fait pour vivre en harmonie (ça va mieux là, pendant un instant, j'ai faillli y croire).
Enfin, sachez que son pouvoir culmine en Avril, qu'il est associé à la lubricité et aux orgies et qu'il est vénéré sous forme de phallus bien qu'il ait été représenté tant sous le forme d'une belle femme nu que sous celle d'un démon barbu.
pour avoir été samplé par Sillicone Soul sur Right On (que je ne connaissais pas).
Au pasage, il a aussi été samplé par Mase dans Tell Me (ici le sample est plus évident) :
A mon sens, aucune des deux versions utilisant le sample n'arrive au genou de la version originale, une occasion de plus de saluer le travail de Curtis Mayfield.
Le Step into our World de Krs-one était vraiment une de mes chansons de rap préférée.
J'avais acheté la K7 du Cut Killer Show et je me la passais en boucle. Je devais avoir 16 ans. CK bouclait le passage où il dit "I'm number one, two, three, four and five" et la transition vers le Heltah Skeltah via le "Yesh Yesh Ya'll" était magnifique... Nostalgie quand tu nous tiens.
La vriae claque, je l'ai prise beaucoup plus tard, quand j'ai découvert Rapture de Blondie:
L'instru est faite à partir d'un morceau de Mohawk plutôt très funky qui s'appelle The Champ :
The Mohawks n'est même pas vraiment un vrai groupe (si tant est que l'on puisse faire la différence), juste une création d'Alan Hawkshaw un compositeur des années 60-70 connu pour ses musiques de films. Il a enregistré ce titre incroyablement groovy avec une poignée de musicien de studio. Un titre qui par la suite a été largement réutilisé pour créer des instrus pour Onyx, Redman, ou dans un autre genre Ini Kamoze.
La vraie récompense de la course au sample dans laquelle je me trouve depuis si longtemps, c'est la découverte de morceaux samplés tellement bien qu'ils ternissent les morceaux sampleurs.
Tel fut le cas lorsque j'ai découvert il y a au moins 5 ans dans une compilation appellée Hold-Up (et dont je ne suis pas parvenu à retrouver la référence sur Internet) la chanson de Labi Siffre "I Got The Blues"
La chanson est connue (ou pas, mais Yann en a fait un article sur Samples.fr) pour avoir donné le My name is d'Eminem (1999)
L'article de Wikipédia sur "My Name Is" rapporte une intéressante anecdote : Labi Siffre aurait fait pression sur Dre/Eminem pour qu'ils changent 2 vers de la chanson avant de clearer le sample (selon l'article mais c'est impossible sinon, on ne l'aurait jamais entendu et je m'en souviens très bien... ou alors j'ai rien compris au processus de clearance).
Deux vers avec des références homophobes dérangeait M. Siffre (homosexuel notoire) : "attacking two of the usual scapegoats, women and gays, is lazy writing. If you want to do battle, attack the aggressors not the victims."
Voici les 2 vers en question : -"My English teacher wanted to have sex in junior high/the only problem was, my English teacher was a guy" changé en : -"My English teacher wanted to flunk me in junior high/thanks a lot, next semester I'll be thirty-five" et - "extra-terrestrial/killing pedestrians/raping lesbians while they're screaming 'Let's just be friends' " changé en : -"extra-terrestrial/ running over pedestrians/ in a spaceship while they're screaming "Let's just be friends" Il faut bien avouer qu'il a de l'humour le petit.
Une autre boucle a été prélevée sur ce génial morceau de M. Siffre. Elle a donné naissance au Countdown de Def Squad :
et au Street is Watching de Jay-Z :
Il en fallait encore ?
Il semble que Kanye West aussi aime la musique de Labi Siffre puisqu'il l'a samplé dans I Wonder (sur Graduation, 2007). La preuve en image grâce à cette vidéo trouvée sur YouTube (Merci à RapSamp que je viens de rajouter à mes chaines favorites)
Alors, lequel d'entre vous sera le prochain à faire un carton avec un sample de M. Siffre ? A partir de cette chanson peut-être ?
Toujours suite à l'article de Samples.fr, je me décide enfin à publier mon Top 5 des samples ici avec les liens et les extraits audio et tout et tout.
En fait d'un top 5, il s'agit plus des 5 premières idées recevables qui me sont passer par la tête. Comment choisir les 5 plus beaux grains de sable de l'océan ? J'y explique surtout pourquoi je les aies choisis et j'essaye par la même de comprendre ce qui fait qu'un sample peut être apprécié/déprécié.
Ok, le clip, la polémique tout ça, je rentre pas la dedans, on parle de sample et j'adore l'idée depiocher dans la musique classique pour la faire passer en soirée. J'ai eu la chance de mixer les 2 morceaux (Une nuit sur le mont chauve de Moussorgski et le Stress de Justice) et c'était mémorable. Le son de Justice est dégueu ? C'est pour moi un réel plaisir que d'entendre des hardos faire du son dégueu. Chacun son truc : laissons Masters At Work faire du beau son tout propre et Justice, MSTRKRFT ou Crookers faire ce son tout sale.
Il l'a montré à de nombreuses reprises, sa culture musicale est immense, son talent pour foutre le feu au dancefloor est incontestable, ses samples sont rarement de simples boucles, il a vraiment sa place dans le top 5 des sampleurs.
pas parce que la chanson est bien mais parce que normalement les producteurs vont chercher des vieux trucs ou des trucs oubliés et que là, pour la première fois (?) il prend un truc qui vient de sortir (Paper Planes de M.I.A.) et que tout le monde a en tête sans que ce soit non plus Dragosta Din Tei…
- le travail de Diplo sur le Paper Planes de M.IA. à partir des Clash, cf. l'article de Samples.fr
parce que ce morceau a donné lui a plein de remix et que l’engouement populaire aussi est un critère de réussite. Aussi parce que j’aime les clash et que j’aurais bien aimé cité une chanson basée sur The Magnificient Seven.
- Galvanize des Chemical Brothers parce que j'ai une affinité avec le monde arabe, parce que ce n'est pas facile pour un producteur d'aller chercher des samples dans la musique arabe et qu'elle est pourtant très riche. Parce Q-tip.
Une pensée émue pour tous les fantastiques samples qui ne rentrent pas dans le top 5 et notamment le Larbi Siffre pillé par Dr. Dre pour Eminem :
Non, je ne suis pas soudainement devenu fan d'Yves Duteil, je voulais simplement vous présenter quelques (excellentes et improbables) versions acoustiques de chansons que nous connaissons tous.
----------- A l'origine, ce post était un comment sur des comments (on atteint les limites du blogging là) de l'article Top 5 des samples sur Samples.fr. La conversation avait dévié de sample en reprises et m'avait inspiré ces petites réflexions. ------------ Puisqu'il semble que la conversation dévie vers des covers improbables, je ne peux m'empêcher de vous proposer d'écouter cette version de Crazy de Gnarls Barkley par Ray LaMontagne et sa guitare,
ou encore le Teardrop de Massive Attack repris par Jose Gonzales.
Curieusement, la démarche de la reprise est la même que celle du sampling : retrouver l'énergie d'une chanson et lui en insuffler une nouvelle, l'adapter à son goût, son monde, son public.
Mais ici, le rapport à la technologie est inversé : on ne prélève pas une boucle, on réinterprète et il faut bien avouer que de retrouver ce côté organique dans des chansons à la base électro est une pure réussite.
Quelque part, je pense que c'est exactement ce que les Daft (on en revient toujours à eux même s'il y a d'autres exemples) ont cherché à faire en déclarant à la sortie de Human After All qu'ils n'avaient utilisé aucun sample pour cet album : ils aviaent en fait rejoué et s'étaient inspirés...
Un petit dernier pour la route ? Voici le Toxic de Britney Spears version The Chapin Sisters :
Jamais à court d'idée géniales, Yann de Samples.fr lance l'idée de faire un Top 5 des samples. Ok, cela n'intéresse que les NERD du sample comme nous (les fidèles lecteurs de son blog) mais quand on a une passion, c'est bien de la partager et il y a parmi les lecteurs de sacrés pointures en matière de musique et de sampling...
En vrac, on trouve : - un gros consensus autour de Daft Punk, - un autre autour de Pump Up The Volume de M/A/R/R/S pour sa valeur historique, - du Dr. Dre et du Timbaland, - beaucoup de house française des années 90 (Modjo, Cassisus, One-T, Alan Braxe, Phoenix). Bandes de chauvins nostalgiques :p ! - surprenemment peu de Fatboy Slim - et pas de Chemical Brothers ou de Wu-tang.
Je savais que Chemical Brothers avaient samplé le film The Mack en intro de leur ablum Brothers Gonna Work It Out. C'est pour cela que je voulais le regarder.
Ce à quoi je ne m'attendais pas c'était à trouver c'est 2 autres samples qui hantaient ma mémoire : vous savez ce moment terrible où vous n'entendez plus ce que vous entendez mais le souvenir d'une chose que vous avez entendu 100 fois et dont -naturellement- vous ne parvenez à localiser l'origine...
J'ai fini par retrouver :
Groove Armada - Pre 63 sur l'album Vertigo, et
Widom Body - Raekwon sur Only Built For A Cuban Lynx,
qui au passage sont deux disques essentiels if you are born in the 80's...
The Mack n'est pas un film génial. Il contient juste tous les ingrédients d'un bon film de blaxploitation : pimps (des macs), hoes (des putes), gambling (des jeux), big money (des piles de fric), et une bande originale de Willie Hutch tonnitruante et -of course- violence. Plus quelques bonnes citations. Je suis sûr que le film en contient d'autres.